Départ d’Élisabeth Borne : quels avantages pour l’ancienne Première ministre ?

Lorsqu'un Premier ministre quitte ses fonctions, il bénéficie d'une indemnité mensuelle de 14 910 euros pendant trois mois, soit un total de 44 730 euros.

Élisabeth Borne s’apprête à quitter ses fonctions à Matignon. En tant que députée du Calvados, une question cruciale se pose : bénéficie-t-elle, à l’instar de ses prédécesseurs, d’une prime de départ ? Les détails sur cette éventuelle indemnité de départ seront dévoilés. Ils permettront ainsi de mieux comprendre les aspects financiers liés à son départ du gouvernement.

Indemnité mensuelle de départ #

Cette mesure, établie par des ordonnances en 1958 et modifiée en 2013, s’applique quelle que soit la durée du mandat exercé. Lorsqu’un Premier ministre quitte ses fonctions, il bénéficie alors d’une indemnité mensuelle de 14 910 euros pendant trois mois, soit un total de 44 730 euros.

Toutefois, pour en bénéficier, deux conditions doivent être remplies. En effet, il ne faut pas exercer d’activité rémunérée pendant les trois mois suivant le départ. De plus, il faut fournir une déclaration correcte de patrimoine et d’intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

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Élisabeth Borne : pas de pension de retraite à vie #

Contrairement aux idées reçues, les anciens Premiers ministres et ministres ne bénéficient pas d’une pension de retraite à vie. Selon leur âge, ils reprennent généralement rapidement une activité professionnelle après une pause.

Élisabeth Borne, ancienne directrice de la RATP, n’a pas encore annoncé ses projets futurs. En tant qu’ex-Première ministre ayant occupé des postes parlementaires, elle peut percevoir une indemnité mensuelle de 731 euros, majorée de 400 euros à partir de son premier mandat, chaque réélection augmentant ses droits.

Secrétaire personnel, chauffeur et frais de carburant jusqu’à 67 ans #

Outre leur indemnité financière, les anciens chefs de gouvernement continuent de bénéficier de certains avantages. Pendant une durée maximale de dix ans et jusqu’à l’âge de 67 ans suite à une modification en 2019, ils peuvent profiter :

  • d’un secrétaire personnel et d’un chauffeur,
  • de la prise en charge des frais de carburant selon un décret de 1997.

De plus, compte tenu de leurs responsabilités et de leur exposition passées, les Premiers ministres sortants bénéficient d’un dispositif de protection policière coordonné par le Service de la protection du ministère de l’Intérieur, comme l’indique le magazine Capital.

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Coût total des avantages pour l’État

En 2016, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, on avait demandé à Élisabeth Borne quel était le coût total que ces divers avantages pour les anciens Premiers ministres représentent pour les finances publiques – comme le rapporte un article de BFMBusiness. En 2019, la facture dépassait 2,8 millions d’euros, dont 1,65 million d’euros en salaires plus environ 985 000 euros en heures supplémentaires.

Cette facture a continué d’augmenter avec les départs de trois Premiers ministres en trois ans et demi : Edouard Philippe, Jean Castex et, plus récemment, Élisabeth Borne.

Élisabeth Borne: un retour à la vie active #

Quittant Matignon, Élisabeth Borne renonce également à la décoration de Grand Officier de la Légion d’honneur, attribuée à chaque Premier ministre ayant exercé au moins deux ans. Par ailleurs, lors de la crise des « gilets jaunes » en 2018, Emmanuel Macron et les membres de son gouvernement avaient décidé de ne pas profiter de l’augmentation de salaire accordée à tous les fonctionnaires à partir du 1er janvier 2019, selon Ouest-France.

Le départ d’un Premier ministre témoigne donc d’une période de transition vers un retour à une activité professionnelle plutôt que d’une retraite dorée. Il convient cependant de reconnaître que certains avantages perdurent et impliquent des coûts pour l’État français. À l’image d’Élisabeth Borne, les anciens Premiers ministres doivent désormais préparer leur avenir professionnel et envisager dans quelle mesure ils continueront à bénéficier des avantages liés à leur ancienne fonction.

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