Un jardin sans papillons, c’est comme un tableau sans couleur. Ces visiteurs ailés sont à la fois un indicateur de bonne santé écologique et un spectacle enchanteur. Mais les papillons ne viennent pas par hasard : il faut leur offrir le gîte et le couvert. Voici comment transformer votre jardin en un véritable paradis à papillons.
Comprendre les besoins des papillons #
Les papillons ont besoin de deux choses : du nectar pour se nourrir (à l’âge adulte) et des plantes hôtes pour pondre (pour leurs chenilles). Beaucoup de jardiniers se concentrent uniquement sur les fleurs à nectar et oublient la deuxième partie de l’équation, pourtant cruciale.
Sans plantes hôtes, les papillons ne peuvent pas se reproduire chez vous. Ils passeront prendre un en-cas mais ne s’installeront pas. Pour créer une population résidente, il faut accueillir aussi les chenilles — ce qui implique d’accepter quelques feuilles grignotées.
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Les meilleures plantes à nectar #
Le buddleia (arbre à papillons) est le champion toutes catégories. Sa floraison estivale produit des grappes de fleurs qui attirent des dizaines d’espèces. La lavande est un autre incontournable, tout comme le sedum (orpin d’automne) qui prend le relais en fin de saison quand les autres fleurs s’épuisent.
Les asters, échinacées, verveines de Buenos Aires et scabieuses sont également d’excellents restaurants à papillons. Privilégiez les fleurs simples aux fleurs doubles : les variétés horticoles à fleurs très doubles produisent souvent peu ou pas de nectar, les pétales supplémentaires remplaçant les organes nectarifères.
Les plantes hôtes indispensables #
Les orties sont les plantes hôtes les plus importantes en France : elles nourrissent les chenilles du paon du jour, du vulcain, de la petite tortue et de la belle dame. Gardez un carré d’orties dans un coin discret du jardin — c’est la pouponnière des plus beaux papillons.
Le fenouil et la carotte sauvage accueillent les chenilles du machaon, notre plus grand et plus beau papillon. Les graminées sauvages nourrissent les chenilles de nombreux petits papillons bruns (les myrtils, procris, amaryllis). Le lierre est essentiel pour le robert-le-diable et offre une floraison automnale précieuse.
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Créer un environnement favorable #
Les papillons sont des animaux à sang froid : ils ont besoin de chaleur pour voler. Aménagez des zones ensoleillées et abritées du vent avec des pierres plates où ils pourront se réchauffer les ailes au soleil. Un mur exposé sud, une terrasse en pierre, un gros caillou dans un massif font l’affaire.
Un point d’eau est apprécié : pas une mare profonde mais une simple coupelle remplie de sable humide. Les papillons s’y posent pour boire et absorber les sels minéraux. Ajoutez un fruit bien mûr coupé en deux : les papillons comme le vulcain et le paon du jour en raffolent.
Les gestes à bannir absolument #
Les pesticides sont l’ennemi numéro un des papillons, même les produits dits « naturels » comme le Bacillus thuringiensis (Bt) qui tue toutes les chenilles sans distinction. Adoptez une tolérance zéro envers les traitements chimiques dans un jardin à papillons.
Évitez la tonte rase systématique de toute la pelouse. Laissez des bandes ou des îlots d’herbe haute où les papillons peuvent pondre et où les chenilles se développent. Une pelouse intégralement tondue à 3 cm est un désert biologique pour les papillons.
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Échelonner les floraisons sur toute la saison #
Pour garder les papillons du printemps à l’automne, planifiez une succession de floraisons. Primevères et aubriettes au printemps, lavandes et buddleias en été, sedums et asters en automne. Ainsi, il y aura toujours un restaurant ouvert dans votre jardin.
Avec ces quelques aménagements, votre jardin deviendra un sanctuaire pour les papillons. Le spectacle est gratuit, renouvelé chaque jour et infiniment précieux dans un monde où ces merveilleux insectes sont de plus en plus menacés. Chaque jardin compte !